Série de photographies réalisée dans le cadre de la résidence La Palmeraie suivie d’une exposition collective ALTER au centre d’art Rue de tanger à Casablanca, Maroc 2018

Au bord des plages populaires de Casablanca, une ville éclectique s’installe et réunit ses extrêmes : le quartier chic en construction pousse à côté de l’ancienne médina tandis que les bidonvilles côtoient des vil- las de la classe moyenne. Tout ce monde se retrouve face à la mer et à ses plages que la ville affronte avec une construction monumentale, la mosquée Hassan II.

Cet édifice, implantée sur les roches de l’atlantique, attire les fidèles, les touristes, offre un lieu de passe-temps pour les familles et les jeunes garçons âgés de 8 à 25 ans des quartiers “défavorisés”. Ce sont eux qui occupent principalement cet espace balnéaire en transforma- tion. Ils sont heureux tous ensemble dans cette joie du soleil, des écla- boussures de l’eau, de l’air iodé, et seuls à la fois, sans vraiment se con- naître, et sans penser à l’avenir, qui n’est souvent pas très prometteur.

Torses nus, à faire des pom- pes, ils subliment leur corps pour se plaire à eux-mêmes, aux plus jeunes qui les regardent, et aux femmes, qui ne sont pas là pour les regard- er. Mon regard de « touriste » qui prend des photos à la volée, qui s’introduit dans leur intimité avec leur accord tacite, confronte leur regard sur moi, une femme autre, occidentale, qui offre une place à leurs rêves de désir et de séduction. Je regardais ces jeunes hommes et ces garçons et ils me regardaient en retour, s’offrant à mon objectif.

Bien loin d’une étude soci- ologique, cette série raconte une histoire du corps, de la masculinité, de la virilité, de la beauté de tous ces hommes dans l’eau qui se lan- guissent face à l’appareil photo.